Europe

Le GR20 : ça se Corse

 

 

Cette année nous allons vérifier le surnom donné à la Corse, à savoir « l’île de beauté ». Alors si beau que ça la Corse?

CALVI

Nous débarquons à Calvi, après avoir traversé la France en voiture, puis dormi dans cette dernière à Nice et enfin traversé la mer Méditerranée en ferry. Cette ville est plaisante avec sa citadelle malgré l’afflux de nombreux touristes. La vieille citadelle surplombe une large baie protégée de la mer d’ouest  bordée sur six kilomètres par une plage magnifique de sable fin et une pinède encore bien préservée. Ses eaux turquoises qui baignent la côte occidentale de la corse sont parmi les plus pures de la Méditerranée.

CAP CORSE

Nous avons choisi de prendre notre voiture car on a décidé de la jouer « road trip » et autant vous dire de suite que l’on a bien fait vu la prestation des transports en commun corses. Nous débutons par la partie nord de l’île, à savoir l’Ile-Rousse et le cap corse. Cette dernière partie est plutôt délaissée par les touristes ce qui fait son charme. Les villages traversés gardent leur authenticité et c’est agréable. Les paysages sont splendides : une chaine de montagnes couvertes de maquis dont les versants dévalent dans la grande bleue, puis des plages de galets qui se succèdent avec des criques secrètes. Nous terminons cette boucle par Bastia, avant de revenir vers St Florent, un joli petit port face au cap corse.

 

Aujourd’hui, nous désirons nous rendre sur la plage de Saleccia. Petit problème, c’est une piste et non une route qui permet de rejoindre cette dernière. A la vue des tarifs proposés par les agences locales pour vous y conduire en 4×4, je décide de tenter le coup avec notre petite Golf. Je vire à droite sur la route départementale et entame l’aventure en mode « Sébastien Loeb ». Sauf que j’ai omis 2 détails : notre voiture n’est pas une C4 WRC et le rallye de Corse se court principalement sur asphalte et non pas sur un chemin avec des ornières profondes comme la gorge de Brigitte Lahaie. Du coup après avoir parcouru 50m et failli percer le carter d’huile, je décide sagement d’écouter la petite voix de la raison (ou les exclamations de Julie) qui me conseille de faire demi-tour. Et finalement les tarifs corses pour cette escapade sont tout à fait raisonnables ;). La plage est jolie mais blindée de monde car il y a aussi ceux qui arrivent en bateau.

CORTE

Nous descendons vers Corte, une superbe citadelle perchée su un gros rocher. La vue est magnifique puisque ce village domine les montagnes coupées par des gorges sauvages avec des torrents aux eaux limpides.  Après une halte déjeuner, nous nous enfonçons dans la vallée de la Restonica, un vrai chef d’œuvre de la nature. Le but : une petite rando de 3h  jusqu’aux lacs Melo et Capitello, en guise d’échauffement avant d’attaquer les choses sérieuses.

Les choses sérieuses nous y sommes. Et il s’agit de se farcir la partie nord du GR20. Le plan c’est d’abandonner la voiture à Vizzavona et de parcourir les 9 étapes jusqu’à Calenzana.

GR20 : partie nord

9 étapes sont donc au programme.

La 1° consiste à rejoindre le refuge de l’Onda depuis Vizzavona. Nous partons à la frontale et frais comme des gardons. L’étape commence par une énorme montée jusqu’à la crête de Muratello puis d’une gigantesque descente jusqu’au refuge. Résultat, nous sommes hyper tôt au refuge (11h.), mais les premières erreurs apparaissent. Nous avons des sacs beaucoup trop chargés et Julie se déleste déjà dans le mien. De plus, nous avons décidé de partir en autonomie complète alors qu’en fait il y a moyen de se ravitailler et même de manger dans les différents refuges.

2° étape : l’Onda au refuge Manganu (via Petra Piana)

Comme l’étape initiale ne fait que 3h de temps, nous doublons lors de cette journée. Pour la première partie, nous empruntons la variante des crêtes, pas toujours bien balisée et sous la pluie. Mais finalement on s’en sort bien. Nous espérions boire un café chaud pour nous réchauffer au refuge de Petra Piana, mais nous sommes reçus avec une amabilité déconcertante, aussi nous enchaînons direct avec la seconde partie de la journée.

Nous rejoignons une nouvelle crête qui nous permet de surplomber les lacs de Melo et Capitellu, observés quelques jours auparavant depuis en bas. Le panorama est à couper le souffle mais l’itinéraire devient technique : échelles et cordes le long de parois assez raides. Ce n’est pas le point fort de Julie, qui préfère les parties plus roulantes, mais elle s’accroche et nous parvenons finalement à la brêche de Capitellu, point culminant de notre trip ( 2225m). Il ne reste plus qu’une longue descente dans un pierrier et la traversée d’un interminable plateau afin de retrouver le refuge de Manganu. Et là après 8h. de marche, 1200m de dénivelé + et 1700 de dénivelé , je peux vous dire que la douche à l’eau glacée est salvatrice, tout comme la nuit dans la tente 2 sec.

3° étape : de Manganu à Ciuttulu di i Mori

Une étape extrêmement longue. Pas technique pour un sou, mais quand même 7h de marche à bonne allure. Si Julie a souffert la veille, c’est à mon tour de râler un peu (y’a pas de raison). Le lac de Nino est magnifique avec les chevaux à côté. Le final est compliqué pour le moral. Je m’explique. Le refuge d’arrivée est à portée de vue depuis bien longtemps, perché tout là haut. Mais pour atteindre l’objectif, il faut contourner la pente trop raide et les derniers instants de cette étape me paraissent interminables. Je commence sûrement à payer mon sac qui pèse maintenant plus de 20kg!

Ce soir, c’est la fête. Nous oublions le réchaud et les plats lyophilisés pour se payer des bonnes pâtes bolo au refuge. Ça vous remet tout de suite d’aplomb.

4° étape : Ciottulu à Ascu Stagnu (via Tighjettu)

Deuxième doublon de notre périple. Et pas n’importe lequel puis qu’en deuxième partie de journée, nous affronterons le cirque de la solitude (à 2 quand même). Jusqu’à Tighjettu, pas vraiment de difficulté particulière. Ensuite arrive la partie la plus technique de l’itinéraire. Et si Julie redoutait quelque peu ce passage, elle l’a finalement franchie aisément et y a même pris plaisir. C’est dire. Quand à moi, c’est tout ce que j’aime mais j’avoue avoir un peu galéré dans les passages étroits avec ma carapace de tortue ninja dans le dos (dixit un randonneur croisé un peu plus tôt). La descente jusqu’à Ascu Stagnu n’est plus qu’un détail pour les heureux randonneurs que nous sommes.

5° étape : d’Ascu Stagnu à Carozzu

Courte étape (4h) de récupération avant la dernière ligne droite. Les piscines naturelles au refuge d’arrivée complètent une belle journée calme et plutôt reposante.

6° et dernière étape : de Carozzu à Calenzana (via Ortu di u Piobbu)

Dernier doublon afin de gagner une journée. C’est long (8h), mais pas très difficile. La fin ne fait que descendre et la vue sur la baie de Calvi est vraiment splendide. Nous arrivons finalement trop tard pour attraper la première des 2 navettes quotidiennes qui relie le joli village de Calenzana à Calvi.

Après une nuit récupératrice au camping, nous prenons le train afin de récupérer la voiture à Vizzavone. Ensuite, nous filons plein Est direction Ghisonaccia. Le programme est simple : plage pour reposer des jambes bien courbaturées et repas chez mon ami Jean René. Soirée fort sympathique, ça fait plaisir de retrouver un peu la civilisation… et de manger autre chose que de la bouffe d’astronaute.

BONIFACIO

C’est avec regret que nous quittons le lit douillet chez JR et Laurence, mais avons tellement de choses à voir encore.

Et notamment Bonifacio. Pour moi, la plus jolie ville de Corse. Ici l’ile de granit, rose ou gris, cède la place à la blancheur éblouissante du calcaire, comme une pierre précieuse. Une ville fortifiée entourée de remparts posée sur de hautes falaises crayeuses. On ne se lasse pas de Bonifacio.

Nous profitons pour faire une excursion en bateau voir les falaises et les îles Lavezzi. Nous sommes en terre gauloise dirons-nous, une île remplie de menhirs. Mais où sont Astérix et Obélix?

 

Iles Lavezzi

Alentours Bonifacio et Bonifacio

SARTENE

Nous remontons par l’Ouest via Sartène, un des plus beaux villages de Corse « la plus corse des villes corse » d’après Prosper Mérimée. La ville est magnifique, construite à flanc de montagne et en partie sur d’énormes blocs rocheux. Depuis l’entrée de la ville, vous aurez un très beau panorama sur le golfe du Valinco. Sartène est faite de jolies ruelles et de belles places. Il est très agréable de s’y balader, de prendre un verre sur la place de la libération et même d’y manger.

Les plages sont toutes plus attirantes les unes que les autres.

AJACCIO

Nous arrivons sur cette ville qui nous paraît gigantesque et trop moderne vue de la route. Mais nous profitons de quelques heures pour nous balader dans la vieille ville,qui est plutôt agréable. Classique : le port, la rue piétonne Fesch, le marché puis un petit café en terrasse avant de continuer notre chemin. Nous ne nous arrêtons pas aux iles sanguinaires mais prenons quelques photos en route.

ARRIERE PAYS DE SAGONE

Nous continuons notre route dans l’arrière pays de Sagone en passant par Vico, Murzo, connues pour leurs piscines naturelles. Puis nous arrivons à Muna, un tout petit hameau qui fait froid dans le dos. Personne dans les rues, seulement un sanglier dépecé et posé sur le panneau du village, genre « n’entrez pas ou on vous fait la peau ». Nous visitons pleins d’autres villages avant de boucler à Sagone. Nous arrivons enfin sur un des plus beau panorama corse : les calanches de Piana! Impressionnantes! Déchiquetées et burinées par l’érosion, les calanques de Piana (site classé UNESCO) donnent l’impression d’une sculpture fantastique. Les blocs creusés, sculptés sur ces hauteurs impressionnantes, plongeant dans une mer intensément bleue, et dessinent des silhouettes inattendues formées dans la pierre par l’érosion.

plages calanches

GORGES DE SPELUNCA

Il est possible de faire une grande randonnée partant d‘Evisa jusqu’à Ota, en passant par le pont de Zaglia (5 heures de marche au total aller/retour).

Mais il est également possible de découvrir les gorges par une marche familiale facile et plus courte, en partant de « Les deux ponts d’Ota », d’où un vieux sentier muletier mène au très joli pont génois de Zaglia

PORTO

La voilà, la fameuse tour génoise carrée, au sommet d’un gros rocher. Le panorama est magnifique. Nous profitons de manger à « l’Oasis », un petit resto sur la plage de Porto où les couchers de soleil nous laissent sans voix….

 

 

 

GALERIA

Journée pour nous reposer un peu sur la plage du camping La Morsetta. Le panorama vaux le coup d’œil et nous fait oublier la plage de galet qui fait mal aux fesses. Voilà pourquoi, nous avions emmené nos chaises de camping.

Sortie en mer vers Scandola et Girolata

Bon ben nous repartons en arrière pour prendre le bateau afin de visiter les calanches en mer. Un détour qui vaut vraiment le coup d’oeil.Quelle beauté!

ILE ROUSSE

De nombreuses liaisons maritimes la relient au continent, le train y passe régulièrement pour se rendre aux autres grandes villes de Corse et elle s ‘avère assez proche de nombreuses belles plages et centres d ‘intérêts de l’ile. Nous apercevons depuis la route ses petits ilots de roche rouge du port avec leur tour et leur phare. La couleur de ses façades ocres, ses pavés, ses palmiers, ses platanes, les terrasses des cafés et monument en hommage à Pascal Paoli, le fondateur de la ville, font d’elle une agréable ville pour s’y promener à pied. Il y a ensuite le marché couvert depuis sa jolie place devant l’église où les amateurs de pétanque se rejoignent pour partager un bon moment.

Seul bémol, ce sont les embouteillages quotidien mais nous sommes en plein mois d’aout alors on s’y attendait un peu.

Nous profitons de prendre le train dans un sens, puis dans l’autre afin de profiter de certains panoramas.

Sur le départ…Toutes les bonnes choses ont une fin et c’est avec pleins de beaux souvenirs que nous rebroussons chemin vers Paris.

 

 

 

 

 

 

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