LEH

Bordeaux, Amsterdam, Delhi, Leh. Voilà les étapes qui nous ont permis d’arriver jusqu’au Ladakh, région située à l’extrême nord de l’inde, dans l’État indien du Jammu-et-Cachemire, frontalière avec le Pakistan et la Chine, parfois appelé « Petit Tibet ». À la différence du reste de l’état, qui est principalement musulman, le Ladakh est une région majoritairement bouddhiste. La plupart des habitants de la région parlent le ladakhi, un dialecte proche du tibétain.

Après ce long voyage et plusieurs heures passées dans les aéroports, nous atterrissons à Leh vers 8 heures du matin, et je remets ma doudoune car on sent l’air frais de l’altitude. Des montagnes arides aux contours déchiquetés entourent cette petite cité. Nous posons nos valises (ou plutôt nos deux gros sacs de randonnées) chez Rat Yang, une petite guesthouse tenue par une charmante famille. Tout de suite, les effets de l’altitude apparaissent et nous sommes essoufflés pour un oui ou pour un non.

La journée est consacrée à la recherche d’une agence qui organiserait le trek idéal. Ce n’est pas évident car elles sont nombreuses et proposent toutes plus ou moins les mêmes itinéraires, mais pas celui que nous désirons. Nous finissons par trouver avec la dernière agence tentée « Kanishka Expedition« .  Ce n’est pas donné mais il nous propose l’itinéraire que nous souhaitons, long de 3 semaines pour un budget inférieur aux autres. Banco c’est signé.

Nous fêtons ça le soir au « Chopsticks » (déjà visité le midi), qui propose une carte délicieuse et variée. Aucune difficulté pour s’endormir vous vous en doutez bien.

a-photo-samsung

Chaines Himalayennes vue du ciel

Skyu

Momos

Le lendemain, location d’une Royal Enfield, moto solide et facile à entretenir pour visiter les monastères alentours. En plus, le soleil nous sourit ce matin. Au programme, « Shey« , « Thiksey« , « Stakna« , « Hemis« , « Chemrey« , « Takthog » et enfin « Matho« . La journée aurait été parfaite sans les symptômes désagréables dus à l’altitude (3500/4000 mètres) : essoufflement, maux de tête et de ventre. Malgré tout, les paysages sont somptueux et les gompas (monastère bouddhique tibétain) sont grandioses. Nous goutons à la spiritualité de ces lieux entretenus par les moines.  Le soir, on se ravitaille avec un Pad Thaï (plat thaïlandais allez savoir pourquoi…) au « Chopsticks », on change pas un resto qui régale.

Stupas

Moulin à prière

Boudha

Thiksey

Drapeau priere

Thiksey

paysage

Biker

Troisième et dernière journée à Leh, consacrée au shopping dans le « bazar » (bien sûr) et au retrait d’argent pour payer l’agence (galère puisque nous ne pouvons retirer que 10 000 Roupies (Rp) à la fois). Nous profitons de l’office de tourisme pour vérifier notre taux d’oxygène avant de partir à l’aventure : 88 pour Max, 93 pour moi. Tous les feux sont au vert pour attaquer le trek. Il nous reste un peu de temps pour aller visiter le palais de Leh qui surplombe toute la ville. Ce palais est la version miniature du Potala de Lhassa et, pour l’anecdote, aurait servi de modèle à Hergé pour son album « Tintin au Tibet ».

Il est indispensable de prévoir 2 à 3 journées sur place avant le trek pour s’adapter à l’altitude, d’autant plus si vous arrivez directement en avion de Delhi.

Leh : coloration

Leh

Fort de Leh

Leh

TREK DE 3 SEMAINES

J1 : LEH-RANGDUM

Nous partons à 7h du matin pour une journée en 4×4 avec Tsega notre guide, Jangchup son assistant et Nima notre chauffeur. Les paysages sont époustouflants, jusqu’à Kargil, deuxième ville du Ladakh. Cette cité musulmane nous est apparue oppressante. Tout le monde me regarde d’un œil pas très accueillant. Heureusement nous ne faisons qu’y déjeuner pour ensuite nous enfoncer dans la belle vallée de la Suru, « vallée des fleurs et des marmottes ». Nous profitons de l’hospitalité de quelques nomades qui nous offrent du lait de yack. Nous arrivons à la nuit tombée, non sans avoir crevé…à 7km de Rangdum, village d’arrivée (ce serait trop facile sinon). Nous profitons d’un vrai lit (nous n’en reverrons pas pendant un bon moment) à la guesthouse « La Himalaya » à 3800 mètres d’altitude, emmitouflés sous les grosses couvertures car ici les nuits sont fraîches.

A l’approche de Rangdum

La fine équipe : Nima, Maxime, Tsega, Jangchup

Nomades

Nomade

Nomade

Camion

Paysage

d-samsung-mobile

crevaison

J2 : RANGDUM-PADUM

Encore une journée 4×4, moins longue cette fois, pour rejoindre la capitale du Zanskar, « Padum ». En route, nous nous arrêtons dans le village de notre chauffeur Nima à « Manda » pour profiter un peu de sa famille. On nous sert le chaï (thé noir au lait) et les gâteaux avant de repartir.

Padum n’est pas très joli mais le panorama sur place nous décoiffe. Nous passons notre première nuit en camping au « Padma Guesthouse » et rencontrons un couple de canadien parti faire la traversée du Zanskar jusqu’à Darcha, seuls avec un VTT. Quel courage d’avoir amené leur vélo sur ces chemins-là.

La traversée du Zanskar est faisable sans guide, car vous trouvez pleins de points de chutes pour camper et quelques bouibouis pour vous ravitailler en nouilles chinoises et autres. Bien sûr avec une carte et du matériel adapté et des connaissances en montagne!!! En revanche, notre itinéraire était difficilement réalisable en autonomie car certains chemins sont moins évidents et aucun ravitaillement n’existe dans les deux autres vallées. Donc dur dur de porter un sac trop chargé pendant 3 semaines. Et attention : BIEN SE RENSEIGNER SUR LE NIVEAU D’EAU DES RIVIERES!!!!

Paysage du coté de Rangdum

Paysage du coté de Rangdum

Mosquée de Padum

Padum

Padum

Padum

J3 : PADUM-TSETANG (YCHAR-TSETANG : 16km /+379m/-355m)

Après une heure de voiture, nous entamons enfin la marche au départ de YCHAR. Deux horsemen « Urgen » et « Lotu » se joignent à nous avec leur 5 chevaux. Ils se chargent de porter les sacs ainsi que le matériel de camping et de cuisine. Pendant la pause déjeuner, Tséga en panique, nous demande de courir. « Dépêchez vous » nous dit-il sans aucune explication. Nous avons le temps de faire 20 mètres qu’une explosion retenti sur l’autre versant de la vallée. Il s’agit de travaux publics indiens. En effet, quelques ouvriers dynamitent la roche pour ouvrir une route. Bien flippant comme expérience.

Nous arrivons au village de TSETANG après 4h de marche à bon rythme. Mauvaise nouvelle : Max a de plus en plus mal à la tête et rien n’y fait, pas même le Diamox. Deuxième flip de la journée…avant qu’il ne résolve le problème avec un simple Doliprane. il est tellement soulagé qu’il me dit en blaguant : « En rentrant j’achète des actions Sanofi ».

Un conseil : Prévoyez de la coca en homéopathie, je ne savais pas que cela existait.

Vallée du Zanskar

Népalais au camps de Tsetang

J4 : TSETANG-KHANGSAR

3h30 de marche et pas grand chose d’inhabituel, les paysages sont sublimes; surtout à la confluence des deux rivières dont l’une est de couleur marron, l’autre bleue mais les eaux ne se mélangent pas. C’est magique. Un des deux guides, Jangchup, en profite pour récupérer le numéro de jeunes filles que nous croisons. Pas besoin de parler ladakhi pour comprendre. La drague c’est universel 🙂

Après s’être installés à Khangsar, nous rebroussons chemin jusqu’à Purney. Et dans ce petit village, nous rencontrons Dolma. Ce nom ne vous dit peut être rien mais si vous aimez l’émission « Rendez vous en terre inconnue » alors il vous sera familier. En effet, est venu dans ce village Frédéric Lopez en compagnie de… Gilbert Montagné. Drôle d’anecdote mais véridique.

Vallée du Zanskar

Vallée du Zanskar

Vallée du Zanskar

Vallée du Zanskar

Vallée du Zanskar

Vallée du Zanskar

Vallée du Zanskar : confluent des deux rivères

Vallée du Zanskar : village de Purney

Vallée du Zanskar : Dolma et sa famille

Hôte du camp de Khangsar

J5 : KHANGSAR-PHUKTAL-KANGSAR

Aujourd’hui est prévu un aller retour jusqu’à PHUKTAL, village véritablement incrusté à la paroi rocheuse. Le chemin qui y mène est en partie taillé dans la falaise aux tons rouges qui surplombe une rivière bleue turquoise, la Tsarap. C’est impressionnant mais le plus extraordinaire reste l’école à ciel ouvert dans le monastère bouddhiste. 70 moines vivent dans l’ambiance médiévale de ce monument, fondé au XIIème siècle. Certains travaillent en silence ou récitent leurs textes en se réchauffant sur des terrasses inondées de soleil.

Nous goutons à un drôle de plat, une genre de bouillie à base de thé, de beurre de yack et de farine de blé. Particulier! Et bien évidemment, je n’arrive pas à m’empêcher d’avoir une crise de fou rire. Maxime s’y met aussi, ce qui finit par me faire sortir plusieurs larmes. C’est gênant mais je ne peux m’arrêter. Nous rebroussons chemin en début d’après midi et ne traînons pas car Jangchup ne se sent pas très bien.

En route vers Phuktal

Phuktal

Phuktal : élèves moines

Phuktal : élève moine

Phuktal

Phuktal : népalais

Phuktal

Phuktal : retour

J6 : KHANGSAR-TRANGTSE

Nous sommes au cœur du Zanskar. Après une première pause chez Nima (oui encore), notre futur horseman, une deuxième chez le beau frère du guide, puis d’autres ici et là pour boire un chaï ou un chang (bière locale sans bulle) chez des amis ou des connaissances, nous finissons par arriver à Trangtse, village d’où est originaire Lotu. Bref vous l’avez compris, le Zanskar c’est une grande famille. Tout le monde se connait et s’entraide puisque 8 mois de l’année, les villageois sont coupés du monde à cause des chutes de neige importantes. Les Zanskarpas vivent en autarcie. Pendant ces 4 mois de « vie extérieure », les villageois cultivent les terres, irriguées par un réseau de canaux. Ils ramassent l’orge et d’autres vivres, comme les petits pois, pour pouvoir se nourrir, aider les voisins et nourrir leurs yaks et chevaux pendant le reste de l’année. L’orge est la céréale qui s’adapte le mieux à l’altitude élevée et constitue la base de l’alimentation. Ils produisent également du beurre, qui mélangé à l’orge, constitue un repas nutritif. Une grande partie des femmes et des enfants vivant dans les alpages, veillent au cheptel ovin et aux yaks. En chemin, nous croisons des enfants qui partent pendant plusieurs jours vers le sud sur leurs chevaux pour rejoindre leurs écoles puisque la rentrée est dans moins d’une semaine. Ils ne reviendront et ne reverront leurs parents que l’été prochain. C’est un coup dur pour chaque famille mais à la fois tellement bien que ces jeunes puissent apprendre pleins de choses et sortir de cette situation difficile.

Vue du camp Khangsar

Maman et enfant de Nima

écoliers en route vers le sud

Champs

Stupas du camp Trangtse

Cascade

Nous profitons du camp pour passer un agréable moment avec les enfants dont certains sont les cousins de Jangchup.

famille de Jangchup

famille de Jangchup

J7 : TRANGTSE-ZINGCHAN

Alors là, on attaque les choses sérieuses, nous quittons la vallée du Zanskar avec une montée interminable qui nous permet de franchir notre premier col le « Toden La » à 5100 mètres tout de même. Résultat des courses, Jangchup n’arrive pas à suivre car il est toujours malade et Max se retape un mémorable mal de tête. Le combo Diamox/Doliprane faisant à nouveau effet, Max finira par prendre un bain dans la rivière, dont l’eau atteint difficilement les 4°C. Autant vous dire que pour moi, ce sera toilette à la lingette ce soir.

Zanskar

col « Toden La »

Sauterelle

Vue du col

Ce soir au repas, Tséga nous sert des lichees en dessert. Mais à la première bouchée, Max s’aperçoit que ce n’est pas ce que nous pensions, mais des boules de sucre immangeables. Comme j’ai été généreuse lors du service, il s’oblige à en manger 3 mais avec un fou rire à n’en plus finir à la clé.

J8 : ZINGCHAN-CHUMIG MARPO

5490m!!! C’est l’altitude du col « Phirtse La » qui nous attend aujourd’hui. Nous profitons du paysage avec en fond un superbe glacier. Au bout de 3h de marche, on s’arrête boire un chaï avec des ladahkis qui viennent d’acheter un Yak. Le moral n’est pas au beau fixe puisque toujours pas de col en vue. Au bout de 30 minutes de marche supplémentaires, nous commençons doucement la montée tant attendue, se rapprochant peu à peu du glacier, et pour sûr, puisque « c’est derrière lui que nous allons » me dit Tséga! L’ascension est interminable. Chaque pas nous coûte un effort incroyable. Je suis essoufflée en permanence, comme si je sortais d’un 100m, mes jambes ne me portent plus et ma tête me tourne. Je dois m’arrêter tous les 10 pas. Max, quand à lui, est encore plus lent, son mal de tête redouble. Je garde le sourire et l’encourage du mieux que je peux mais je sens que si j’insiste, je vais prendre un coup de bâton. Le moral est dans les chaussettes mais je reste zen. Arrivée là haut, quelle beauté, mais un invité surprise se mêle à la fête : la NEIGE! Un 30 Juillet s’il vous plait. Nous nous dépêchons de prendre deux photos car il fait froid et une descente faramineuse d’1h30 s’ensuit jusqu’à un emplacement, que je considère personnellement comme le plus beau où nous ayons campé jusque là. Nous sommes entourés de yaks apprivoisés. Max est de plus en plus mal, cela m’inquiète beaucoup. Peut être devrons-nous arrêter notre trip à Sarchu? En attendant, je fais ma paparazzi tellement le site est magique.

En route vers le « Phirtse La »

Yak acheté par les ladahkis

Col « Phirtse La »

Vue du col sur l’autre versant

yak apprivoisé

Vue du camp Chumig Marpo

Un conseil : ne jamais regarder le sommet ou le col, avancer coûte que coûte, pas après pas.

J9 : CHUMIG MARPO-KHAM KRAP SUNDO

Petite journée aujourd’hui avec seulement 2h45 de marche et quasi que du plat. Nous traversons une grande plaine splendide qui fait penser à des paysages de Mongolie (on y a jamais été mais j’imagine). Le point d’orgue reste la traversée de la rivière à dos de cheval avec nos horsemen. Une bonne tranche de rire. Nous profitons de la journée pour faire la lessive, se rafraîchir dans l’eau et se reposer au soleil. Que du bonheur!!!

En route pour KHAM KRAP SUNDO

En route pour KHAM KRAP SUNDO

En route pour KHAM KRAP SUNDO

En route pour KHAM KRAP SUNDO

En route pour KHAM KRAP SUNDO

J10 : KHAM KRAP SUNDO-SARCHU

Aujourd’hui c’est plat, nous traversons plateaux après plateaux et quelques rivières, rencontrons les bergers avec leurs moutons. Mais le plus important c’est que pendant ces 5h30, Max a réussi à prendre une marmotte en photo (mais aussi à semer ses lunettes de soleil 🙂 ) Arrivés à Sarchu (4300m), nos deux horsemen, Nima et Urgen, nous quittent et rebroussent chemin. C’est triste, et une petite larme me vient mais toutes les bonnes choses ont une fin. On en profite pour prendre une douche et boire un Coca bien frais. La route est bordée par des gargotes où l’on peut boire le chaï. C’est une étape de repos pour ceux qui font Leh-Manali par la route. Les gens sont souriants et sympathiques et s’installent à notre table à tour de rôle pour papoter quelques mots en anglais avec nous. Ce soir, nous espérions passer une nuit dans un vrai lit mais non, ce sera notre tente 2sec chérie. Tant pis!

Berger

Pierre à Prière

En route pour Sarchu

En route pour Sarchu : marmotte

En route pour Sarchu

En route pour Sarchu

Sarchu

J11 : SARCHU-PONGUNAGU

Journée repos aujourd’hui comme au tour de France, sauf que nous n’en aurons qu’un parmi nos 3 semaines (fainéants de cyclistes). Les paysages sont magnifiques mais il est difficile de prendre des photos depuis l’intérieur du 4×4 qui nous mène sur les berges du Tso Kar.

On croise régulièrement un nombre impressionnant de travailleurs népalais et biharis (habitants de l’état du Bihar) qui cassent tout l’été des cailloux au marteau pour faire les routes. Ce travail de maintien et reconstruction est souvent nécessaire afin de rouvrir à la circulation ces routes qui sont soumises à des conditions hivernales assez destructrices. Ces « esclaves du goudron » préparent le bitume dans de gros bidons métalliques qui brûlent le long de la route. Les conditions de travail de ces hommes venus des régions les plus pauvres de l’Inde sont déplorables, « le revenu moyen d’un habitant de l’état du Bihar est de 13400 roupies/an, soit 160 euros par an ». Isolés sur ces montagnes, ils vivent regroupés dans de simples tentes en toile plantées au bord des routes. Pierre après pierre, jour après jour, ils participent ainsi au développement touristique du Ladakh… pour un salaire misérable, moins de 1€/jour. Pas d’école pour les enfants et quelques chapatis pour les repas.

A la pause déjeuner, nous pensions échapper au traditionnel oeuf-patate….mais non peine perdue. Ah oui parce que j’ai oublié de vous raconter. Tous les midis nous mangeons une patate cuite à la vapeur, un oeuf dur, deux chapatis à la confiture et une barre chocolatée avec un jus de fruit. Je suis un peu déçue mais pas autant que Max qui commence à me parler de côte de bœuf!

Arrivés au camping, c’est la bataille avec le propriétaire qui refuse que nous plantons notre tente ici au bord du cours d’eau mais pas là bas, à 3 mètres, sur un terrain bien en pente. Je ne comprend pas pourquoi et nous n’avons pas accès ni aux douches ni aux toilettes. Bref vaut mieux en rire qu’en pleurer. Pour détendre un peu l’ambiance, nous faisons quelques parties de « trou du cul » (jeux de carte), avec Jangchup et le chauffeur de la voiture, bien marrantes.

Jeune népalaise

En route pour Pongunagu

Camps Pongunagu

Camps Pongunagu

Camps Pongunagu

Camps Pongunagu : vue du lac Tso Kar

J12 : PONGUNAGU-NURUCHANG (17,8km /+173m /-145m)

Nous léchons les bords du lac Tso Kar et ses dépôts de sel. D’ailleurs « Tso Kar » signifie « Lac Blanc »  mais les récolteurs de sel ne sont pas au rendez-vous, ce n’est pas encore la saison de la récolte. Les montagnes environnantes se reflètent dedans. Superbe palette de tons ocre, brun, jaune d’où jaillissent les eaux bleues du lac. C’est dans cette région que nous apercevons des « zèbres » (Kyangs) et de nombreuses espèces d’oiseaux sur les rives du lac. Nous contemplons ce paysage magnifique près de deux heures puis continuons, en compagnie des deux guides Jangchup et Tsega, à traverser un désert, laissant le seul horseman partir devant. Mais quand nous arrivons à l’emplacement prévu, il n’y a point de chevaux, ni de petit vieux. Au bout d’une heure, nous commençons à nous dire qu’il nous l’a fait à l’envers et qu’il a embarqué le stock de nourriture, les tentes et surtout nos deux gros sacs avec toutes nos affaires dedans. Finalement, Tséga, l’air inquiet, rebrousse chemin et retrouve Nandulan le horseman quelques kilomètres plus loin. En fait ses 5 chevaux ont décidé de se faire la malle dans une mauvaise direction et il n’a pas pu les maitriser. Fou rire après cette explication et quelques minutes d’angoisse je dois bien l’avouer.

Le Tso Kar

Le Tso Kar

Le Tso Kar

Lézard

Le Tso Kar

Le Tso Kar de l’autre berge

En route pour Nuruchang (4600m)

Ce soir, nous mangeons des « Numpchew » qui signifient « oreille » en Ladakhi. Préparés à base de farine et d’eau, comme d’habitude, ces oreilles remplacent les chapatis. Trop bon! Nous découvrons également que Nandulan est un « chanteur ». Il n’arrête pas jour et nuit de chanter quelques notes qui ne s’accordent pas très bien avec « la clé de fa ». 🙂

Numpchew

J13 : NURUCHANG-RAJUN KARU (+270m /-230m)

Un col d’entrée de jeu le « Horlam La » (4930m) mais la montée est progressive et facile puis descente dans une vallée herbeuse de pâturages jusqu’à Rajun Karu (4700m) entre les « zèbres », les marmottes, les alouettes et les nombreux troupeaux de moutons gardés par les chiens de bergers. Ces chèvres portent un duvet très précieux que l’on appelle « pashmina« . Cette fibre est utilisée pour la fabrication d’écharpes et de châles, qui se fait principalement à Srinagar.  Plus l’altitude est élevée et plus la laine, située au cou de l’animal, est de bonne qualité afin de lutter contre le froid. « Chaque chèvre produit en moyenne 200g de «pashmina » par an et il faut une dizaine de chèvres pour produire un châle » d’où l’importance de ces troupeaux.

Nous campons à proximité d’un camps de nomades, qui vivent de l’élevage de yaks et qui fabriquent toute sortes de produits dérivés : lait, fromage, beurre…Chaque famille (grands parents, parents et enfants) vivent dans des yourtes.

Pour changer, les chevaux de Nandulan se font la belle. Trop drôle de le voir courir après ses bêtes qu’il ne maitrise absolument pas! On a du mal à le croire quand il nous dit que ça fait 35 ans qu’il fait ce métier.

Au départ de Nuruchang

« Kyangs » ou zèbre

Troupeau de chèvres

Bourdon

Souris

Plateau

Nandulan : s’il te plait arrête de chanter!

Camp de nomade

Camp de nomade

Camps de nomade

Yak du camps

J14 : RAJUN KARU-GYAMA YOGMA (+725m /-325m)

Nous passons une sale nuit. En effet, les chevaux de Nandulan tournent autour de notre tente et il y en a un qui nous fonce dessus alors que je m’étais endormie. Trop peur qu’il ne recommence pour fermer l’œil. En plus, l’étape qui nous attend est une des plus dures. Nous entamons par la montée d’un premier col le « Kyamayuri La » à 5430m qui passe crème (car nous sommes « frais comme des gardons »), puis descendons bien sûr avant de franchir un second col le « Kostse La » moins haut (5380m) mais qui nous fait mal aux pattes. De plus, le temps se gâte, on a droit à quelques grêlons la haut. La dernière descente dans une vallée très sauvage où rôdent encore des loups (enfin on ne les a ni vu, ni entendu) jusqu’au camp de Gyama Yogma est facile et c’est tant mieux car le vent glacial nous fait accélerer notre pas. Dès notre arrivée, il se met à tomber des cordes. On monte la « kitchen tent » en urgence et on se réfugie dedans pour prendre un thé tous ensemble. Les réchauds à essence marchent à plein régime, mettant un moment en danger la toile. Nous campons à plus de 5000m et ça se voit : pendant la nuit, la neige a coloré les flancs de montagne autour de nous. Nous craignons de faire l’étape du lendemain sous la pluie mais finalement, nous prendrons notre petit déjeuner sous un rayon de soleil.

Ah oui j’oubliais de vous parler de Nandulan qui s’est encore levé cette nuit chercher ses chevaux qui se sont encore fait la malle!!! Toute une histoire, je pourrais écrire un roman! Et on a beau lui expliquer que chanter appelle la pluie, il ne veut pas nous croire.

Kyamayuri La

Plateau entre les 2 cols

Kostse La

J15 : GYAMA – KORZOK (16.3km /+300m /-905m)

La montée au col « Yalung Nyau La » (5430m) se fait progressivement tout le long d’une rivière mais là-haut c’est purée de pois. On y voit pas à 20 mètres et ça caille sec. Seul l’envol des drapeaux à prière au vent font du bruit. L’autre coté du col est plus dégagé et nous pouvons voir le lac Tsomoriri d’ici. Splendide!  La descente jusqu’à Korzok paraît interminable (3h). Les organismes commencent à souffrir gentiment.

A Korzok, petit village permanent d’une dizaine de maisons, c’est le dernier jour du festival. Aussi, nous assistons à des festivités dans l’enceinte même du monastère. Korzok n’est pas très attrayant mais sa situation sur les bords du lac Tsomoriri est idéale. Ce lac est déclaré « parc naturel » afin de préserver les espèces rares de cette région (oiseaux migrateurs). Ses couleurs changent au gré des nuages et des éclaircies. Pas un baigneur, ni même un pêcheur même si c’est tentant. Nous en concluons que l’eau ne doit pas être chaude et les poissons pas bons.

Nous en profitons pour recharger une des deux batteries de notre appareil photo histoire de pouvoir illustrer notre blog à notre retour.

Camp Gyama

Yalung Nyau La

Lac Tsomoriri

Festivité monastère de Korzok

Korzok

Villageoises Korzok

J16 : KORZOK-KYANGDAM (21.6km/+25m/-48m)

A l’entame de cette dernière semaine, le moral n’est pas au beau fixe. J’ai des envies d’abandon, surtout que d’ici, il nous est facile de trouver une voiture pour nous ramener sur Leh, mais Max me remotive. Nous longeons la berge ouest du lac toute la journée qui passe sous de belles falaises de schiste puis conduit de mur de manis en mur de manis qu’il faut contourner toujours par la gauche. Nous mettrons près de 5h30 pour rejoindre Kyangdam sur la rive sud. Les paysages sont sublimes mais ils le seraient plus sans cette couche de nuage qui reste accrochée aux sommets environnants. Cela dit, le lac se joue du ballet de ces nuages proposant une alternance de teintes turquoise, bleu pétrole ou indigo qui tranchent sur les tons rouges et ocres des montagnes de la rive opposée. C’est splendide. Nous nous faisons surprendre par la pluie la dernière heure de notre périple et toutes nos affaires sont trempées lorsque nous nous installons (sac de couchages, vêtements, tente…tout). Mais la récompense est bien là : la vue du lac de cette rive est à couper le souffle avec des couleurs irréelles.

Tsomoriri du côté de Korzok

Mini col du tsomoriri (Ben oui il y a les drapeaux!!!)

Oiseau « Huppe Fasciée »

Tsomoriri : Berge ouest et vue de la côte sud au loin

Tsomoriri : Vue du Camp Kyangdam

J17 : KYANGDAM-NORDUSUMDO (14.9km/+97m/-96m)

Journée plate encore une fois, monotone, sans péripétie, avec traversée de la rivière juste avant d’arriver. On en a jusqu’à mi cuisse et il y a beaucoup de courant. Pas facile de rester debout. En période de fonte des neiges ou suite à des orages violents, la traversée nécessite l’emploi d’une main courante (corde de 50m), voire au pire est impossible. On suit ensuite le lit de galets puis lorsque la rivière vient lécher le bord, on emprunte un chemin qui a été gagné sur les pentes d’éboulis de schiste. Au camp, nous croisons un groupe de 14 polonais qui remontent vers le nord. Petite tension avant de se coucher lorsqu’on émet l’hypothèse de doubler l’étape de demain qui nous semble très courte sur notre carte. La voix de Nandulan s’élève en ladakhi mais personne ne nous dit quoi que ce soit.

Un conseil : Il faut traverser cette rivière tôt le matin car le niveau de l’eau est trop haut à partir de 13h.

Vue du camp Kyangdam au petit matin

Plateau marécageux

Skyu : petites pâtes faite maison (farine et eau) avec patate, carotte, oignon, ail et masala

J18 : NORDU SUMDO-UMLUNG

Ce matin, les tensions se sont apaisées jusqu’au moment de partir. C’est le premier matin où nous attendons que les chevaux soient entièrement chargés pour partir. Nous partons donc à 9h au lieu de 8h30. Puis bizarrement aujourd’hui, ils marchent au pas, à croire qu’ils font exprès pour ralentir la courte épreuve. Effectivement, la veille nous leur avons demandé de doubler notre étape si nous arrivions avant 11h . Je commence sérieusement à bouillir et l’ambiance n’est pas au top. Le pire c’est lorsqu’on s’arrête seulement après 1h00 de marche pendant près d’une heure pour que soit disant les chevaux puissent brouter. Alors là c’est la cerise sur le gâteau, encore une nouveauté. Ils nous prennent vraiment pour des « carambars ». Nous repartons pour seulement 1h30 de marche afin d’arriver au camp d‘Umlung. Etant donné qu’avec leur mauvaise volonté depuis ce matin, il est midi, Nandulan refuse de doubler l’étape . Nous avons bien compris pourquoi, il sera payé un jour de moins s’il rate une journée de marche. De plus, Tséga nous suggère de stopper ici car la pluie ne va pas tarder à arriver. Comme si les autres jours, ça les dérangeaient qu’on marche sous la pluie. Nous comprenons encore une fois que le guide est dans l’embarras puisqu’il sait que nous voulons avancer mais que Nandulan refuse. Dur dur pour lui de prendre une décision juste. L’ambiance est vraiment mauvaise et je regrette pour la première fois de notre voyage d’être partie accompagnée. Je dis cela car à ce moment précis, je suis très en colère de ne pas pouvoir gagner un peu de temps sur notre trajet.

Coté positif tout de même, le paysage est très beau, cela ressemble un peu à des canyons aragonais mais à une plus grande échelle.

Au camp, je profite d’une éclaircie pour me doucher en vitesse et me laver les cheveux mais le vent est frais. Cela fait du bien de sentir le savon pour la première fois en 10 jours. Nous nous couchons de bonne heure.

vallée du Spiti : Lit de rivière

vallée du Spiti

vallée du Spiti

J19 : UMLUNG-DARANG

Encore une courte étape. Nous arrivons à Darang après 3 petites heures de marche. Nous passons quelques passages délicats dans des pierriers surplombant la rivière, longeant les parois sur des sentiers parfois très limites. L’érosion, ici intense, donne à ses paysages un petit côté désert américain. Encore un petit peu énervés de ne pas avoir combiné ces deux derniers jours tellement faciles. J’ai l’impression que nous marchons peu et que nous passons les trois quarts de la journée dans les tentes, surtout qu’il pleut tous les jours depuis Gyama. Mais cette après midi, nous avons une belle récompense : LE SOLEIL pointe enfin le bout de son nez. Cela fait bien 4 jours que nous ne l’avions pas vu. Nous profitons de cette après midi pour faire un brin de lessive et c’est au tour de Max de prendre sa première douche depuis 10 jours!

Camp Darang

Camp Darang

J20 : DARANG-PARANG LA BASE (12.5km/+307m/-10m)

Les affaires reprennent, la pluie aussi. La journée sera peu différente de celle d’hier : nous continuons à longer cette grande rivière, passant parfois des gués assez limites , dans une eau à 5°. Si le dénivelé important attendra demain, on a quand même marché 5 heures, avec une traversée de rivière glaciale un peu avant la fin de l’étape suivie d’une montée régulière vers le Camp de base Parang La (5200m). Nous campons donc juste au pied du glacier que nous escaladerons demain. Ça annonce la couleur. En plus, on est au dessus des 5000m, autant dire que ça caille sévère. C’est la première fois que je suis vêtue de mon pantalon avec le sur-pantalon de pluie, la sous couche technique, la polaire et la doudoune!

En haut du camp Darang

Sur les lits de rivière

falaise calcaire

plateau

camp Parang La

J21 : PARANG LA BASE-TANGTAK (9.8Km/+495m/-1166m)

Une fois n’est pas coutume, le réveil a lieu à 5h30 car il s’agit de l’étape la plus longue de tout notre itinéraire. Nous entamons l’ascension du Parang La (5578m) qui se trouve être recouvert d’un glacier. Le temps est couvert mais nous apercevons tout de même les drapeaux à prière au niveau du col 1h30 après le camp. Sur le dernier petit raidillon avant le col, seuls 4 chevaux sur 5 franchissent l’obstacle. En effet, notre cheval gris glisse et est affolé pour remonter. Pendant plus de 3h, nous allons essayer de le faire monter, en le tractant avec le leader des chevaux, en lui changeant son itinéraire, en lui créant des « marches » avec nos piolets mais rien n’y fait. Il fait froid et la tempête de neige nous fouette le visage. Il est midi passé et nous décidons d’abandonner le cheval. Autant vous dire qu’après cette attente pendant laquelle il a venté, neigé, grêlé, et bien sûr plu, je suis frigorifiée. Max est très énervé de devoir laisser là une monture. Le super panorama depuis ce col ne nous aura jamais été offert. Une déception de plus. La journée s’annonce galère. Nous entamons la descente sous le déluge et tombons sur un bivouac militaire. C’est le moment que choisi Nandulan, notre horseman, pour nous dire qu’on s’arrête là aujourd’hui afin qu’il puisse aller récupérer son cheval le lendemain avec l’aide des militaires. Nous nous opposons à cette décision et les guides se rangent cette fois ci de notre côté et se fâchent envers Nandulan. S’il avait bien voulu doubler les étapes précédentes, nous aurions pu nous arrêter là ce soir mais nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une journée par rapport à notre programme. Une heure plus tard, nous lui laissons donc le « leader » et continuons notre route avec seulement 3 chevaux éreintés et chargés comme des mules (elle est facile celle là). La descente dans les gorges est splendide, d’autant plus que le temps se lève. Par contre la remontée vers Tangtak est violente. La journée est rudement longue. En arrivant au camp vers 18h30, on fait le bilan : les 3/4 des affaires sont mouillées. La nuit s’annonce humide. Heureusement c’est la dernière sous la tente.

Ascension du glacier

Ascension du glacier

Parang La 5578m

Gorges vue d’en haut

Gorges vue d’en haut

A l’intérieur des gorges

Camp Tangtak

J22 : TANGTAK-KIBBER (12,3Km/+535m/-842m)

Sniff, nous sommes un peu tristes. Il s’agit de la dernière étape de notre trek qui descend pas mal mais à notre surprise remonte aussi. Seulement 3 petites heures de marche à travers un sentier fleuri, traversant des champs immenses de fleurs, remplis d’edelweiss puis à travers des gorges. On franchit la rivière sur un pont (30mn, 3960m) avant de remonter sur un sentier en zigzag bien tracé qui nous mènera jusque Kibber situé à 4200m. Les jambes sont lourdes aujourd’hui, surement un petit côté psychologique aussi. Autour de ce village, l’un des plus hauts d’Asie, la vallée devient riante. Il y a de l’agitation, des gens qui travaillent dans les champs, des enfants jouant dans les rues, c’est un doux retour à la civilisation. Les guides nous trouvent un véhicule pour Kaza. Eux restent là pour attendre Nandulal qui devrait arriver en fin d’après midi avec les chevaux. En seulement 30 min de voiture, nous voilà à Kaza, petite ville agréable. Une fois descendu du taxi, je m’aperçois que nous avons oublié nos chaussures de randonnée dans le coffre. En moins d’une seconde, je suis en train de piquer un sprint en criant « stop please stop ». Les habitants interceptent le chauffeur qui ne m’avait pas entendu. Comment se faire remarquer à peine arrivés?  Nous logeons au « Mahabaudha Homestay » et prenons une douche des plus salvatrices. Ensuite direction le bazar et la gare routière pour réserver le bus du lendemain pour Manali. Accrochez vous pour cette réservation. Personne ne sait à quelle heure arrive le bus. Vous devez donc attendre des plombes car les réservations se font auprès du chauffeur. Il arrive à 19h et tout le monde se rue dessus. Normal, il n’y a qu’un seul bus par jour. Le chauffeur envoie balader tout le monde en disant qu’il faudra être là demain matin 1h30 avant le départ. Quelle blague! Finalement la chance nous sourit puisque nous retombons par hasard sur Tséga et Jangchup qui nous proposent de partir avec eux demain matin à 6h30 avec un 4×4 collectif. Super, nous sommes heureux de passer encore une journée en leur compagnie. Mais nous sommes encore plus heureux d’apprendre que Nandulan a pu sauver son cheval avec l’aide de l’armée. Nous profitons de cette ville très agréable et mangeons une merveilleuse Tukpa (soupe de légumes et de nouilles).

En route pour Kibber

En route pour Kibber

En route pour Kibber

En route pour Kibber

En route pour Kibber

La fine équipe : Max, Jangchup, Tsega et julie

J23 : KAZA-MANALI

La journée en 4×4 s’annonce longue, plus de 8h à traverser d’abord la vallée du Spiti avant d’arriver progressivement sur celle de Manali. Les paysages aux tons rouges du Spiti passent progressivement aux tons verts avec de grandes cascades d’eau. C’est magnifique, nous avons l’impression d’être dans les Alpes. Nous nous arrêtons dans un petit monastère situé à un premier col, le temps d’une prière avant de poursuivre par une descente. Puis nous entamons une longue montée tortueuse sous un soleil de plomb vers le « Rotang La »(4050m) croisant un camion qui s’est renversé et qui a perdu toute sa cargaison. Les pauvres, ils vont être bloqués ici un moment. Nous laissons Tséga et Jangchup en route car eux repartent sur Leh. Cette fois-ci c’est sûr, nous ne les reverrons plus. Le temps se couvre, il fait de plus en plus mauvais en montant, la pluie bat de plein fouet et un épais brouillard fait que nous n’y voyons plus rien à un mètre devant nous. C’est impressionnant et à la fois angoissant. Il faut savoir que le « Rotang La » est la ligne de crête sur laquelle vient buter la mousson : côté Nord, c’est ciel bleu et vent frais, côté Sud, c’est le mur vertigineux très verdoyant, du genre forêt tropicale bien humide. A peine passé le col, nous nous retrouvons à l’arrêt complet au deuxième virage. Que se passe t-il, un accident? Non non, c’est simplement que la route est trop étroite à certains endroits et la circulation ne peux se faire dans les deux sens surtout pour les camions. Cette route est en travaux perpétuels, du moins entre le 15 juin et le 15 octobre, seul créneau où le passage est libre de toute neige et est sujette à de nombreux éboulements de terrain. Nous mettrons près de 3 h pour sortir de ces bouchons mais nous ne sommes pas les plus malheureux. En effet, il y a énormément de bikers qui font la route Leh-Manali en Royal Enfield et sous cette « tempête », je leur laisse. Le col peut parfois rester fermé quelques heures au mieux pour dégager un bloc erratique ou détourner un cours d’eau subit, mais aussi quelques jours au pire (5 jours consécutifs en été 2011). Prenez votre mal en patience en attendant que les travaux de percement du tunnel depuis le Lahaul jusqu’à Manali soient achevés (courant 2017). L’ouverture de ce passage souterrain sera à même de désenclaver cette vallée reculée de l’Himalaya.

Col

Stupas

pierre à prière

cascade

paysages du côté Manali

paysages du côté Manali

g-samsung-mobile

pays du mouton

Nous descendons vers Manali pendant 40 Kms sous la pluie et le brouillard et arrivons à la nuit tombée, tout juste pour prendre le dernier bus du soir pour Delhi. Malheureusement pour nous, il s’agit d’un bus classique et nous avons les deux places du fond dans le coin à droite et nous sommes 8 sur une banquette pour 5 personnes. Enfin oui, ma place est en réalité une demi place contre la fenêtre où ma fesse droite est dans le bus et ma fesse gauche à l’extérieur du bus. Pas besoin de vous faire un dessin pour comprendre que nos 15 heures de bus vont être atroces.

J24 : MANALI-DELHI (15h de bus)

La nuit fut horrible. Départ à 21h30, arrivée à Delhi à 12h30 le lendemain. Max s’est « battu » toute la nuit avec le gars qui s’endormait sur lui et moi j’ai galéré avec mon demi siège et ma place dans l’angle.Mais finalement après une traditionnelle crevaison vers 3 h du matin avec un arrêt chez le premier mécanicien à 5h du matin, nous arrivons à Kashmire Gate, gare routière de la Capitale indienne.

La suite du voyage dans la rubrique « RAJASTHAN »

RUBRIQUE POUR VOYAGEURS

1 euro équivaut à 73 Roupies (je vous laisse calculer 🙂 )

Le coût :

Taxi aéroport Leh – centre ville : 250 Rp

Guesthouse Rab Yanh : 1000 Rp/nuit (rabyangguesthouse@gmail.com ou +91 01982 255130)

Repas au Chopsticks : 550 Rp/2 le midi; 710Rp/2 le soir; 220Rp lendemain midi et 940 Rp lendemain soir (mais on se fait plaisir)

Location moto : 1000 Rp la journée +850 Rp essence

Visite Stakna : 30 Rp/personne

Visite Tiksey : 30 Rp/personne

Visite Hemis : 100 Rp/personne

Leh palace : 200 Rp/personne

Trek avec Zanskar Kanishka Expedition : 1300 euros/personne pour les 3 semaines (zanskartravel@gmail.com ou +91 9469039577)

Voiture Kibber -Kaza : 1000 Rp

Guesthouse Kaza « Mahabaudha » : 400 Rp la nuit

4*4 Kaza-Manali : 1000 Rp/personne

Bus Manali-Delhi : 1260 Rp pour 2 personnes

Les plus :

Un trek inoubliable dans une partie de l’Himalaya (conseille de faire le Zanskar et la traversée jusqu’au Tsomoriri seulement)

Nos crises de fous rire

La rencontre avec les villageois, le partage des chaï et Phuktal à ne surtout pas manquer

Les bons plats de Tsega et son professionnalisme

Les moins :

La vallée du Spiti de Korzok à Kibber, trop plat, moins joli et trop monotone à mon goût

Le manque de communication avec nos guides

Le prix du trek (mais agence moins chère que les autres et sérieuse)

Quelques sites intéressants :

http://www.zanskar-expedition-himalaya.com

www.ju-lehadventure.com

ladak.free.fr (mise à jour régulière)

Un lexique en Ladakhi (phonétique) :

1 : Tchik                                             patate : allo                                                                 Feu : Tchou

2 : Ni                                                  A droite : Youma                                                         Farine : Pagpé

3 : Soum                                            A gauche : Youfa                                                        Sucre : Kara

4 : Ji                                                   Merci : Touk ché ché                                                  Oreille : Nang chup

5 : Na                                                 où tu vas : Karou tché tché                                         Maman : Amah / Papa : Apah

6 : Touk                                              Vache : Demo /Yak : Yak                                            Grand mère : Abih / Grand père : Mémé

7 : Doun                                             Mouton : Look                                                             Grand frère : Athio / petit frère : Nono

8 : Yed                                                Chèvre : Rama / Bouk : Ramo                                   Grande soeur : Achi / petite soeur : Nomo

9 : Gou                                               Bonne nuit : Ni ki po ton                                              Chanson : Go

10 : Kiou                                            Oui : Ya / Non : Men                                                     Aujourd’hui : Torlé

20 : Nichou                                         Fromage : Rotché                                                       Goùt : Kata

 

D’où viens tu? Kani usbein

Comment t’appelles tu? Yuran min chin

On y va? Chen / On y va ou pas? Chena

Categories: Inde

4 thoughts on “Ladakh

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